Une vingtaine de représentants européens à la rencontre de la filière viticole française d’AOC
À quelques kilomètres du Parlement européen de Strasbourg, les participants ontdécouvert le Domaine Laurent Vogt et le travail réalisé dans les vigneset dans le chai en cette période de vendanges.
Au total, une vingtaine de parlementaires européens et de membres de leurs équipe sont participé à cette journée aux côtés de représentants de la CNAOC – La Maison des Vignerons et des vignobles d’Alsace (AVA), de Champagne (SGV) et de Cognac (UGVC), réunis pour porter la voix de la viticulture d’appellation et des 387 AOC viticoles françaises. Les députés n’ont pas été choisis au hasard : ils sont tous membres d’une Commission en lien avec la viticulture (Commission Agriculture, Commission Environnement, Commission Marché intérieur) et capables de défendre les intérêts du secteur au Parlement Européen.
Cette immersion sur le terrain s’est poursuivie par des échanges avec les représentants de la filière autour de plusieurs dossiers européens majeurs : l’avenir de la Politique agricole commune (PAC) et de l’Organisation Commune des Marchés vitivinicole à un moment crucial des négociations (élaboration d’un mandat de négociation du Parlement d’ici à décembre 2026), le fonctionnement du marché unique sur les produits phytosanitaires et sur les accises, les échanges commerciaux internationaux et les enjeux de santé publique. L’objectif : confronter les débats conduits au niveau européen aux réalités vécues quotidiennement dans les exploitations et les territoires viticoles.
« Derrière les textes examinés au niveau européen, il y a des vignerons, des exploitations et des territoires. À l’heure où se prépare notamment la future PAC, nous voulons que les parlementaires puissent mesurer directement, sur le terrain, les conséquences des choix qui seront faits dans les prochains mois. Ce dialogue entre décideurs européens et vignerons est plus que jamais essentiel. » Maxime TOUBART, Vice-Président de EFOW et de la CNAOC-Maison des Vignerons, en charge des sujets européens, et Président du SGV.
Future PAC : préserver une véritable politique vitivinicole européenne
Au cœur des échanges avec les parlementaires : l’avenir de la Politique agricole commune et la place qu’y occupera la viticulture. La CNAOC – La Maison des Vignerons a rappelé son attachement au maintien d’une politique vitivinicole européenne commune, suffisamment dotée et adaptée aux spécificités du secteur. La demande : le maintien d’une enveloppe financière dédiée au vin, d’interventions sectorielles spécifiques ainsi que de conditions de cofinancement harmonisées entre les États membres. Alors que la filière traverse une crise importante, il est essentiel de conserver une enveloppe dédiée au secteur ; des plans stratégiques ambitieux et stables autour des mesures investissement, restructuration, promotion marché intérieur et pays-tiers, et œnotourisme ; un maintien de la régulation par les Groupements de Producteurs reconnus (les Organismes de Défense et de Gestion en France).
« La viticulture européenne a besoin de visibilité et d’un cadre commun solide pour préparer son avenir. La future PAC doit préserver une véritable politiquevitivinicole européenne, avec une enveloppe vin, des mesures d’intervention sectorielles et des règles communes entre États membres. C’est une condition essentielle pour permettre à nos exploitations d’investir, de s’adapter et de rester compétitives ». Jérôme BAUER, Président de la CNAOC – La Maison des Vignerons
Marché unique, commerce international et santé publique également au menu
La rencontre a également permis d’aborder le fonctionnement du marché unique des produits phytopharmaceutiques, notamment à travers l’exemple du cuivre,essentiel dans la lutte contre le mildiou. Anthony BRUN, Président de la Commission durabilité de la CNAOC – La Maison des Vignerons et vigneron à Cognac, a appelé à une vraie harmonisation au niveau européen pour faire cesser la distorsion de concurrence entre vignerons des différents Etats-membres. Principale cible : l’Omnibus sécurité alimentaire, en cours d’examen, où le viticulteur charentais demande l’automaticité de la reconnaissance mutuelle des autorisations de mise sur le marché de produits phytosanitaires entre États membres et l’inscription du cuivre dans la liste des biocontrôle tout en maintenant les garanties nécessaires en matière de santé et d’environnement. L’objectif est clair : un produit autorisé en Italie doit pouvoir êtreutilisé en France, et vice-versa.
Dans un contexte commercial international et européen incertain, la CNAOC – La Maison des Vignerons a également souligné la nécessité de faire tomber toutes les barrières au commerce pour redonner de la visibilité aux entreprises viticoles européennes. Elle appelle à la mise en place d’un guichet unique pour les droits d’accises sur la base du guichet TVA et à faire des vins et spiritueux une priorité du dialogue commercial avec les États-Unis et la Chine et à poursuivre la défense des indications géographiques dans les accords commerciaux conclus par l’Union européenne. Le message : alors que la guerre commerciale devient une arme géopolitique de plus en plus courante, la filière doit être protégée pour ne plus être une victime collatérale.
Enfin, sur les enjeux de santé publique, la CNAOC – La Maison des Vignerons a rappelé l’engagement de la filière dans la lutte contre la consommation nocive d’alcool et en faveur de la transparence. Elle défend des politiques publiques ciblées, proportionnées et fondées sur les connaissances scientifiques disponibles.
Àpropos de la Maison des Vignerons
La Confédération Nationale des producteurs à Appellation d’Origine Contrôlée(CNAOC) représente depuis 1924 les vigneronnes et vignerons produisant des vinset eaux-de-vie de vin en AOC à l’échelle nationale et via EFOW à l’échelle européenne. L’organisation syndicale fédère les 18 fédérations régionales, les387 AOC viticoles françaises et les 58 000 vignerons français. Elle fait le lien entre la réglementation et la réalité du terrain pour permettre aux vignerons de travailler avec sérénité. Elle porte un renouveau positif pour la viticulture française face aux enjeux climatiques, économiques et sociétaux.
Contact presse
Charlotte Barotin : c.barotin@cnaoc.org - 06 74 61 78 75


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